Les sept derniers versets de cette haftara (Isaïe 66, 18 à 24) contiennent une révélation eschatologique évidente, puisqu’ils évoquent la fin des temps, mais cette révélation comporte des aspects inquiétants : Les nations se rassembleront, apparemment pour se faire la guerre (verset 19). Après quoi tous les peuples seront considérés comme dignes de servir Hachem (verset 21), tandis que les méchants subiront un châtiment éternel et effroyable (verset 24).

L’image de la fin de temps présentée ici est difficile à comprendre, car si elle veut dire que la justice finira par triompher et que Hachem sera universellement reconnu, elle annonce en même temps des événements cataclysmiques.
Selon Rambam/Maïmonide, « personne ne saura vraiment comment ces choses arriveront, car elles resteront mystérieuses jusqu’à l’époque où elles auront lieu, même pour les prophètes et les Sages. Leurs détails ne sont pas essentiels pour la foi, et il est inutile de vouloir approfondir les midrachim sur ces questions. L’important est d’attendre et de croire » (Hilkhoth Melakhim 12, 2).

Rambam semble bien conscient que ces visions sont, au moins en partie, pure spéculation théologique que les êtres humains sont encore incapables de décrire, et encore moins de comprendre. Et il n’éprouve que de la méfiance envers ceux qui se livrent à de telles spéculations, tant elles sont menaçantes à la fois spirituellement et moralement.

Jacques Kohn Zal