Nissan, le mois du renouvellement


La chronique hebdomadaire du
grand rabbin Yossef ‘Haïm Sitruk

Annonçant la proximité de
la fête de Pessah, ce mois
de Nissan qui arrive est connu sous le nom que lui confère la Torah elle-même : « le mois du printemps » - « ‘hodech
haaviv » -, un printemps dans lequel nous sommes également entrés ces tout derniers jours.

En fait, ce mois, qui est également
présenté dans la Torah comme le « premier » de tous les mois, symbolise le «hidouch » par définition, c’est-à-dire la capacité de renouvellement. En effet, le calendrier hébraïque est mixte : à la fois solaire et lunaire.
D’ailleurs, nous reparlerons prochainement du calendrier solaire. Concernant le cycle lunaire,
qui recommence tous les mois, il est une occasion de nous rappeler à quel point dans la vie, l’être humain a besoin de se renouveler. Nissan est donc un mois qui invite l’homme à se retrouver
complètement différent de ce qu’il était auparavant.
Alors comment une telle chose est-elle possible ?

On sait que la vie s’organise autour de deux pôles, comme la Torah l’annonce dès le premier verset de Béréchit : « ארב תישארב ץראה תאו םימשה תא םיקולא ».
« Hachamayim » désigne ici non seulement le ciel, mais tout ce qui est changeant. On voit bien dans une même journée que les cieux changent de couleur et que tout au long de l’année, ils évoluent constamment selon les saisons. Par contre, la terre évoque
quant à elle la permanence et ce qui est stable.

Ces repères permanents rassurent
et permettent de déterminer
le cadre de la vie humaine. Mais sans changement, on est également perdu et la vie risque
de devenir fort banale et ennuyeuse. Ces deux pôles sont donc tout à fait indispensables. La question est alors de savoir ce que l’on garde et ce que l’on change !

La plupart des hommes ont choisi la voie la plus facile, c’est-à-dire de changer tout ce qui les entoure : à savoir les modes vestimentaires, les amis, les lois et les références culturelles
et idéologiques. L’homme entretient ainsi une « illusion de changement ». Comme le font tous ceux qui « changent de cadre 
» pour oublier leurs soucis et leurs problèmes véritables. Or ils ont beau voyager au bout du monde, ils les retrouvent évidemment
toujours face à eux…
Face à cette impasse qui se reproduit
sans cesse, le pari que propose la Torah est certes plus difficile à relever, mais il est également plus motivant et durable : « garder les mêmes lois en décidant d’évoluer soi-même !»

Prenons un exemple : la prière. On ne trouvera une nouvelle ferveur
quotidienne en s’adressant régulièrement trois fois par jour au Créateur qu’en puisant en soi - et uniquement au tréfonds de soi - une énergie nouvelle. Cela revient à devoir travailler ses propres middot (qualités intérieures)
en se disant : « Je ne suis pas identique d’une prière à l’autre. J’évolue entre deux Chabbat
ou entre deux fêtes.»

Or il en est de même dans tous les domaines. Celui qui accepte de se « renouveler » ne s’ennuie jamais, mais découvre constamment
un nouvel aspect de sa personnalité.

C’est là la réflexion que nous propose
le mois de Nissan, le mois du vrai renouvellement : celui de l’intériorité !


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