Judicature et Monarchie
La fonction de chofèt (« juge ») fait inévitablement penser à celle de roi. Abarbanel, dans son introduction au séfèr Choftim s’attache à comparer la fonction royale et celle de chofèt, et il conclut qu’il existe entre les deux cinq similitudes et cinq différences.
Elles se ressemblent par la nature des rôles exercés, par la procédure d’investiture, par les responsabilités dans les domaines de la sécurité et de la justice, par le pouvoir et le respect dû à la fonction, ainsi que par la continuité.
Certaines différences sont un reflet du statut personnel du roi, comme l’onction, les privilèges et les devoirs personnels, de même que la succession dynastique.
On peut signaler aussi que, selon le Ramban (Na‘hmanide), on doit considérer comme un chofèt le dirigeant qui a le pouvoir de gouverner mais sans détenir le statut personnel de roi. Ses attributions sont les mêmes, à l’exception de la « gloire royale » (hod malkhouth).
Pour le Rambam (Maïmonide), au contraire, un tel dirigeant est à considérer comme un « roi non davidique ».
Cette différence tient au fait que le Rambam considère la monarchie, avec sa composante dynastique, comme répondant à la fois à un besoin fonctionnel et à un but sacré, tandis que le Ramban la perçoit comme une manifestation de la volonté divine, et non comme apportant un avantage supplémentaire au niveau humain.