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Page 3 sur 3 Autre question : Pourquoi Moïse parle-t-il d’un lionceau, alors que Jacob avait béni Dan en le comparant à un serpent (« un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier… » [Berèchith 49, 17]) ? On peut suggérer la réponse suivante : Moïse savait que la tribu de Dan aurait du mal à conquérir son territoire.Il est dans la nature du serpent de tournoyer autour de sa proie, de tenter de contourner les obstacles qui se dressent devant lui. Il n’attaque pas de front les contrariétés et les ennemis, mais il essaie de se jeter sur eux en les contournant.Telle a été la tactique employée par les descendants de Dan, quand ils ont quitté leur premier territoire pour se diriger vers des lieux plus faciles à conquérir. Mais Moïse leur a ordonné d’être comme les lions, à l’instar de la tribu de Juda qui affrontait ses ennemis à visage découvert afin de triompher d’eux face à face. Le Bachane n’est pas territoire de Dan, et il n’est pas dans les manières du serpent de « bondir en avant ».Moïse a octroyé à cette tribu une force supplémentaire, transformant ses hommes en des lions, et leur adressant un message clair :Le Bachane n’est pas votre territoire.Il ne vous servira que de point de départ et de « piste d’envol » jusqu’à ce que vous ayez atteint la capacité de combattre convenablement et d’hériter de votre lot. Jusqu’à ce que vienne ce moment, il est vrai, ils ne sont que des « lionceaux », mais ils grandiront et bondiront du Bachane pour recueillir leur véritable territoire. Quant à l’imploration : « En ton secours, j’espère, Hachem ! », qui clôture les paroles adressées à Dan par Jacob, elle paraît bien compréhensible, explique le rabbin Elie MUNK (La voix de la Thora) lorsqu’on passe ses futures destinées en revue : « Du point de vue de sa situation géographique en Terre Promise, la tribu de Dan était la plus exposée de toutes. Mais elle était aussi la plus vulnérable sur le plan moral. Elle est nettement désignée comme formant "le point noir" dans le camp d’Israël, et elle a besoin d’être entourée des deux tribus méritantes d’Aser et Naftali (Bamidbar Rabba 2). Elle apparaît, en effet, comme étant la "tribu des idolâtres". C’est Dan qui a accueilli l’idole de Mikha (Choftim chap. 18), identique à celle que la tribu avait emmenée avec elle à la sortie d’Egypte (Sanhédrin 103 b). Plus tard, seuls les enfants de Dan allèrent adorer les veaux d’or érigés par le roi Jéroboam à Dan (I Rois 12, 30). Cette infidélité avait déjà arrêté, des siècles auparavant, l’élan du patriarche Abraham dans sa guerre contre les Rois (cf. Berèchith 14, 14). En entrevoyant ce sombre avenir, Jacob craignait que la tribu tout entière ne subisse le même sort tragique que Samson, son plus éminent représentant, dont la chute sera due, elle aussi, à son mariage avec une femme d’origine étrangère. Aussi implora-t-il l’assistance divine pour cette tribu. » à suivre... Jacques KOHN
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