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Voici quelques exemples de ce contraste : Josué 15, 63 : « Et les Yevoussis qui habitaient Jérusalem, les enfants de Juda ne “purent” pas les déposséder, et les Yevoussis ont habité avec les enfants de Juda à Jérusalem jusqu’à ce jour. » Rachi, il est vrai, indique (ad loc.) que c’est le serment prêté par Abraham à Avimélèkh (Berèchith 21, 23) qui a empêché Juda de les expulser de leur territoire, la conquête de Jérusalem n’ayant eu lieu que sous le règne de David. Josué 17, 12 : « Les enfants de Manassé ne “purent” pas déposséder [les habitants de] ces villes-là, et le Cananéen voulut habiter dans ce pays. » Choftim 1, 21 : « Les enfants de Benjamin “ne dépossédèrent” pas le Yevoussi, habitant de Jérusalem ; et les Yevoussis ont habité avec les enfants de Benjamin à Jérusalem jusqu’à ce jour. » Choftim 1, 27 : « Et Manassé “ne déposséda” pas Beith-Che‘an et les villages de son ressort… » Choftim 1, 28 : « Devenu plus puissant, Israël rendit le Cananéen tributaire ; mais il “ne le déposséda” pas entièrement. » Une autre différence significative entre le séfèr Choftim et le livre de Josué apparaît dans la comparaison entre la prise de Jéricho (Josué chap. 6) et celle de Louz (1, 23 à 26). La conquête de celle-ci n’est pas sans ressembler à la prise de celle-là : aide apportée par Ra‘hav pour Jéricho, trahison d’un homme pour Louz. Mais il n’est question de foi ni chez les conquérants – les descendants de Joseph – ni chez l’homme qui révèle l’entrée de la ville. Ra‘hav avait été épargnée par le mérite de sa foi, qu’elle avait exprimée haut et fort à ses protégés (Josué 2, 11) : « Hachem, votre Dieu, est Dieu en haut dans le ciel, comme ici-bas, sur la terre », et qu’elle adopta ensuite par une conversion en bonne et due forme. Tout différent est le cas du traître de Louz qui, au lieu d’habiter avec le peuple hébreu, est allé reconstruire sa ville ailleurs.
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