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L’inachèvement de la conquête d’Erets Israël Déjà dans la Tora, Hachem avait averti les enfants d’Israël que « s’ils ne dépossédaient pas les habitants du pays devant eux, ceux qu’ils y laisseraient seraient comme des épines dans leurs yeux et des piquants dans leurs flancs, et qu’ils les harcèleraient dans leur pays d’accueil » (Bamidbar 33, 55). Cette mise en garde a été renouvelée : 1 – Dans le discours que Josué a prononcé peu de temps avant sa mort : « Si vous retournez en arrière, et si vous vous attachez au reste de ces nations, à celles qui sont demeurées parmi vous, et si vous vous alliez par mariage avec elles, et entrez parmi elles et elles parmi vous, sachez que Hachem, votre Dieu, ne continuera pas à déposséder ces nations devant vous. Elles vous seront un filet, et un piège, et un fouet dans vos flancs, et des piquants dans vos yeux, jusqu’à ce que vous ayez péri de sur ce bon pays que Hachem, votre Dieu, vous a donné » (Josué 23, 12 et 13). 2 – Dans les remontrances que Hachem a fait adresser aux enfants d’Israël par un ange apparu à Bokhim : « J’ai dit également : “Je ne les chasserai pas de devant vous ; ils seront à vos flancs, et leurs dieux seront pour vous un piège » (Choftim 2, 3). Or, nos ancêtres ne se sont jamais aventurés à conquérir intégralement Erets Yisrael. Pire encore, les torts qu’ils ont eus de ne pas agir se sont aggravés au fil des années. Du vivant de Josué, certaines tribus se sont trouvées dans l’impossibilité de venir à bout des occupants cananéens, de sorte qu’elles n’ont pu que les épargner et les laisser se maintenir dans des enclaves. A l’époque des Choftim, en revanche, c’est de leur plein gré que les enfants d’Israël n’ont pas achevé la conquête de leurs devanciers, préférant se faire verser des tributs par leurs voisins et vassaux cananéens. Ce contraste apparaît le plus clairement si l’on compare certains versets des livres de Josué et de Choftim. Alors que, dans le premier, les tribus n’ont « pas pu » terminer leur conquête, elles se sont contentées, dans le second, de laisser subsister les peuplades cananéennes là où elles se trouvaient.
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