
Introduction
En
introduction aux préparatifs de Pessa‘h,
nous citerons les paroles édifiantes de Rav Yerou‘ham Leivovitz – machguia‘h
de la Yechiva de Mir – qui a écrit dans Leil hithqaddech ‘hag haPessa‘h
ce que nous paraphrasons comme suit :
Rien
dans la Tora, font observer les Richonim
(voir Ramban [Na‘hmanide –
1194-1276] sur Chemoth 13, 16)
ne ressemble même de loin à ce qu’elle prescrit concernant le ‘hamets pendant Pessa‘h,
à propos duquel elle se montre d’une exceptionnelle sévérité. Le Juif qui
en consomme au cours de cette fête est passible de kareth (« retranchement » de l’âme). Il est puni même
pour en avoir simplement possédé ! Aucun ‘hamets ne doit être « vu » ni « trouvé »,
dans quelque lieu appartenant à un Juif – pas la moindre trace !
Cette
intransigeance semble être due essentiellement à ce que représente cette
substance. Disons, sans trop entrer dans les détails, qu’une grande part de
ce qui se produit dans le monde provient du fait que les actions des hommes
ici-bas déclenchent des réactions venues d’« en haut ». Le ciel
réagit à ce que nous faisons – positivement si nous nous comportons
vertueusement, négativement dans le cas contraire. S’agissant plus particulièrement
des enfants d’Israël, si nous pensons, parlons et agissons dignement, le Ciel
envoie des influences positives qui nous procurent, ainsi qu’à la terre entière,
des bénédictions de toutes sortes. Si, en revanche, nous pensons, parlons et
agissons de manière dévoyée, Il déploie des influences négatives qui
aboutissent à de nombreux soucis et chagrins. Les enfants d’Israël savent
que le ‘hamets représente la racine et le début de toutes les choses
« négatives » ici-bas, celles qui génèrent des détresses et
des problèmes suscités depuis « en haut ». Voilà pourquoi les
lois de la Tora s’appliquant au ‘hamets
sont exceptionnellement strictes. Nous devons nous attacher à en découvrir le
moindre vestige et à le retirer de nos possessions. Finalement, nous devons le
détruire en le brûlant jusqu’à ce qu’il soit devenu de la cendre, sans
parler du fait que nous n’avons pas le droit de le manger. Si nous pensons à
ce que représente le ‘hamets, toutes ces lois deviennent parfaitement claires.
« On
vérifie la présence de ‘hamets à
la lumière d’une bougie », enseigne la Michna
(Pessa‘him 7b). Cherchant un
verset sur lequel se fonde cette loi, la Guemara
cite l’affirmation de Rav ‘Hisda, suivant laquelle cette référence se
trouve dans le fait que la Tora relie la « découverte » à la
« recherche » (dans l’épisode de la coupe d’argent trouvée
chez Binyamin – Beréchith 43, 12),
et que le prophète rattache la « recherche » aux « bougies »
(Tsefania 1, 12). En conclusion,
Rav ‘Hisda fait appel à un verset selon lequel « l’âme d’un homme
est une “bougie” de Hachem, elle sonde toutes les profondeurs du cœur »
(Michlei 20, 27).
Pour
ce Maître, la vérification de la présence de
‘hamets est comparable à la manière dont l’âme humaine sonde et
fouille à travers le corps, en quête de quelque chose. Et qu’y
cherche-t-elle, si ce ne sont les influences négatives, avec l’intention de
l’en débarrasser ?
« On
n’utilise pas la lumière du soleil pour la vérification du ‘hamets, enseignent nos Sages, mais on procède à la lueur
d’une bougie, qui est très efficace pour la recherche. » On effectue
cette recherche uniquement la nuit, quand ce qui nous environne est couvert par
l’obscurité et que l’agitation de la journée a pris fin. Dans la sérénité
des ombres, la simple lueur procurée par une bougie solitaire projettera une
ambiance brillante et révélatrice sur une zone limitée, l’illuminant
nettement, et révélant les moindres particules
de ‘hamets qui s’y trouvent.
Dans ce type d’obscurité, la bougie à la main, on voit plus que pendant la
journée. La recherche du ‘hamets à
laquelle on procède chez soi se compare à une exploration personnelle dans les
moindres recoins de son cœur.
Représentons-nous
les détails de cette traque : Le maître de maison va de pièce en pièce,
vérifiant chaque recoin et chaque cavité, guettant la moindre miette
de ‘hamets ! Il descend
dans les caves sombres, dans les moindres fentes et autres anfractuosités. Sa
bougie à la main, il ne met pas fin à ses investigations sans s’être assuré
que l’« indésirable » ne subsiste plus dans ses dépendances. Il
doit rendre l’ensemble de sa propriété
pure de tout ‘hamets, jusqu’à la
plus minuscule parcelle. Il n’existe aucune autre mitswa
comme celle-là !
L’âme,
nous apprend Rav ‘Hisda, ressemble à une petite bougie, enfouie dans
l’immense obscurité de son enveloppe corporelle. Quel est le rôle de cette
bougie ? Elle doit fouiller l’obscurité de la personne physique, dans
chacun de ses organes et de ses recoins, à la recherche du ‘hamets, c’est-à-dire de ses traits de caractère et éléments
négatifs. Qu’est-ce qui dévoile la corruption devant être extirpée ?
« La “bougie” de Hachem » – l’âme humaine ! Seule
cette minuscule « lampe » divine peut mettre à nu nos faiblesses et
nos imperfections. Notre âme est la « bougie » qui doit diriger
cette prospection, et chaque élément négatif qu’elle rencontre doit être
rejeté au loin pour toujours !
Avant
Pessa‘h, en tenant notre bougie,
nous recherchons « le levain qui fait monter la pâte ». Le penchant
au mal est décrit par nos Sages dans les mêmes termes… De même que nous
devons éliminer le premier, de même nous incombe-t-il de trouver et
d’extirper le second. En bref, le
‘hamets symbolise l’inclination au mal dans chaque être humain.
Voilà
pourquoi la Tora est si rigoureuse en matière de ‘hamets. On ne peut en tolérer qui ait été « trouvé »
ou « vu » où que ce soit – pas le plus petit morceau !
L’investigation doit être méticuleuse, jusque dans le moindre recoin de
notre propriété, jusqu’à ce que n’y subsiste aucun « levain qui
fait monter la pâte » !
Avons-nous
une idée du niveau spirituel auquel se hisse un Juif tandis qu’il accomplit
correctement cette prospection ?! Considérons celui qui sait ce
que représente le ‘hamets
et qui veut s’en débarrasser complètement. Pensons à la sainteté et à la
pureté de son cœur en cette nuit d’avant
le Sédèr, tandis qu’il se
livre sereinement à sa recherche du
‘hamets, symbole de son penchant au mal. Dans l’obscurité de la nuit du
14 nissan, son âme et ses sens sont
éveillés et alertes. Son cœur aspire à être d’une propreté parfaite et
à s’attacher à Son Créateur. Quels niveaux sublimes de sainteté va-t-il
atteindre ! Il fouille lentement et le plus scrupuleusement qu’il peut
chaque chambre et chaque recoin, afin de débarrasser sa propriété et son être
du « levain dans la pâte » !
Considérons
un autre mode de préparation de Pessa‘h.
La procédure suivie pour la fabrication des matsoth
est caractérisée par une vigilance et un soin extrêmes à ce qu’aucune
d’entre elles ne contienne la moindre trace
de ‘hamets. Il est très
difficile de parer à ce risque. Nous savons que dès avant la cuisson, aussitôt
que de l’eau est entrée en contact avec la farine, le
‘hamets apparaîtra naturellement, rapidement, en quelques minutes, à
moins que la pâte ne soit travaillée et pétrie sans interruption, et cuite
dans le délai imparti. Qui peut être sûr que chaque particule de la pâte a
été cuite assez tôt et complètement, avant que se soit formé du ‘hamets ? Un Juif animé de la crainte de Ciel est
constamment sur le qui-vive : Peut-être ses matsoth
ne seront-elles pas cachères, et
peut-être ne se sera-t-il pas acquitté de l’obligation stipulée par la Tora
d’en manger un kazayith la nuit du Sédèr ?!
En outre, si ses matsoth ne répondent
pas strictement aux exigences de la Loi, il sera dans l’obligation de se
nourrir de fruits et de légumes toute la semaine de Pessa‘h !
Il est en alerte, tourmenté par la nécessité de se libérer de tout
‘hamets, laquelle l’empêche de se détendre !
On
raconte qu’un Juif craignant Hachem était à ce point angoissé qu’il ne
pouvait pas assister à la cuisson de ses matsoth.
On ne prend jamais assez de précautions ! Le processus entier est surveillé
jusqu’au moindre détail et soigneusement chronométré. En vérité, il échappe
aux capacités humaines de pouvoir s’affranchir complètement du
‘hamets. Mais on attend de nous que nous fassions pour le mieux, suivant
l’adage de nos Maîtres : « Hachem n’a pas donné Sa Tora aux
anges ! »
A
la lumière du principe selon lequel, dans la création, ce qui est « en
bas » conditionne ce qui est « en haut », et réciproquement,
et puisque le ‘hamets représente
toutes les influences négatives de ce qui est « en bas », nous découvrons
dans la cuisson de la matsa exactement
ce que nous voyons dans la recherche du ‘hamets : Il faut prendre des précautions, par souci de
pureté.
Le
processus de cuisson de la matsa véhicule
encore un autre message. Un des plus célèbres ouvrages de
Moussar est le Messilath Yecharim du Ram‘hal
(Rav Moché ‘Hayim Luzzatto [1707-1746]). Ce chef-d’œuvre met au point une
« recette » pour la croissance spirituelle, déjà brièvement
proposée par le Tanna Rabbi Pin‘has
ben Yaïr. Les personnalités les plus éminentes dans le monde juif tiennent ce
livre pour un outil indispensable à quiconque désire atteindre « l’intimité »
avec le Saint béni soit-Il. Sur la longue route « vers le haut » en
vue du perfectionnement de son caractère pour mériter une telle « intimité »,
la première démarche – et la plus essentielle – consiste à veiller avec
un soin scrupuleux à ne jamais pécher, à s’observer toujours, pour que rien
de ce que nous disons ou faisons ne contienne jamais la plus infime trace de péché !
Aucun ‘hamets ne doit être présent !
Il faut se vérifier et se re-vérifier sans cesse, scruter attentivement chacun
de ses faits et gestes, chacune de ses paroles, là où aurait pu se glisser une
tache d’impureté, une petite victoire de son penchant au mal ! La
vigilance doit être constante. Nous devons être prudents même pour les plus
petits détails.
La
deuxième démarche sur la route « vers le haut » passe par l’exécution
de toutes les mitswoth avec
promptitude et empressement, car il ne suffit pas de se détourner du mal :
On doit aussi faire du bien au sens positif. De quelle manière devons-nous
commencer ? En suivant l’enseignement de nos Sages : « Quand
une mitswa vient à portée de ta
main, ne la laisse pas devenir ‘hamets ! »
Soyons rapides ! Le temps est essentiel ! Si on laisse les choses traîner
parce que le penchant au mal inocule la paresse, on risque fort de ne jamais
plus pouvoir accomplir la mitswa,
toutes sortes d’obstacles pouvant ensuite se dresser !
Les
mitswoth sont des occasions précieuses
pour notre développement spirituel. Le penchant au mal cherche à empêcher une
telle croissance, et ce à tout prix. Il fera n’importe quoi pour retarder
l’exécution d’un commandement. Ainsi, selon les paroles de nos Sages :
« rien n’est plus dangereux que ce qu’elle [l’inclination au mal]
propose ».
En
résumé, notre tâche essentielle dans la vie est de s’observer soigneusement
et de prendre des précautions calculées pour que les influences néfastes de
ce qui est « en bas » n’occupent pas dans nos esprits, nos cœurs
et nos actes la plus petite place. Si nous sommes paresseux, nous glisserons. Si
le mal parvient à nous surprendre et gagne un point d’appui, nous devons immédiatement
découvrir ce « ‘hamets »
et l’enlever complètement ! Il faut y travailler vite, sans retard ni
interruption ! Soyons alertes et agiles ! Développons de
l’enthousiasme pour les mitswoth et
précipitons-nous vers elles dès que l’occasion s’en présente !
C’est
cette célérité dans nos réactions que vient nous rappeler celle avec
laquelle nous cuisons les matsoth à
l’approche de Pessa‘h.
Si
l’on demande à celui qui s’apprête à les confectionner : « Quelle est votre obligation ? », il répondra :
« Faire attention et s’appliquer à agir avec précision et rapidité ! »
Pour
conclure, si l’on considère les multiples mitswoth
liées à la préparation de Pessa‘h,
on se rend compte que l’esprit humain ne parviendra jamais à percer
l’immense pouvoir qu’elles détiennent pour nous purifier et nous
sanctifier. Celui qui les exécute de la façon minutieuse prescrite par nos
Sages, avant même que commence la fête, atteindra un niveau spirituel bien supérieur
– quantitativement et qualitativement – à celui de tout autre individu !
Rien n’égale le degré spirituel qu’un Juif atteint ‘érèv Pessa‘h !
Nous
savons que les influences émanant de ce qui est « en bas » incitent
le Ciel à déployer d’autres impacts, suscités par ce qui est « en
haut ». Comme elles sont puissantes, les influences envoyées par le Ciel
quand un Juif procède méticuleusement aux préparatifs de Pessa‘h ! Quand, par l’observance de ces prescriptions, il
« escalade l’échelle » du Messilath
Yecharim, quelles impressions profondes sont produites sur le Ciel,
provoquant une avalanche de bénédictions sur la terre – sur lui et aussi sur
le monde dans son ensemble ! Rav Yerou‘ham conclut ainsi :
« Si
nous n’avions été envoyés sur terre que pour exécuter correctement les mitswoth
liées à la veille de Pessa‘h, cela
nous aurait suffi ! »

Les quatre coupes de vin
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lles
correspondent aux quatre expressions de « délivrance » employées
par la Tora.
En
Egypte, écrit Rav ‘Azaria Figo (1579-1647) dans Bina
le-‘Itim, nos ancêtres ont subi quatre sortes de souffrances :
1.
La
pauvreté :
Les Egyptiens ont volé nos richesses, comme l’atteste la Tora (Chemoth
1, 11) : « Ils [les Egyptiens] placèrent sur lui des
dirigeants de corvées afin de l’opprimer de leurs fardeaux, ils [les Hébreux]
construisirent des villes d’approvisionnement pour Pharaon. » Les impôts
ont totalement drainé l’argent et les biens des enfants d’Israël. L’Egypte,
qui était un pays très riche, n’avait pas besoin de ce revenu fiscal. Elle
n’a procédé à ces prélèvements que pour opprimer et humilier nos ancêtres.
Ayant aussi des travaux pénibles à effectuer, elle a assujetti les Hébreux en
les leur imposant. Selon la Tora, l’argent procuré au fisc égyptien par ces
impôts a suffi pour construire deux villes d’approvisionnement pour Pharaon
– Pithom et Ra‘amsés. Les Hébreux ont fourni non seulement les ressources
financières, mais aussi le travail d’esclaves à bon marché.
2.
Les
violences physiques :
Les Egyptiens les ont brutalisés – en les torturant et en les asservissant
– et ils les ont astreint à un travail extrêmement pénible, dans le dessein
d’affaiblir et de briser leurs corps.
3.
Les
insultes et l’avilissement :
Ils ont dénigré nos ancêtres, ils ont foulé leur honneur aux pieds, en ont
fait des esclaves, les réduisant à l’état le plus dégradant qui soit.
4.
La
ruine spirituelle :
Ils ont causé chez les enfants d’Israël un grand déclin spirituel, alors
que précédemment, tous avaient été des serviteurs loyaux de Hachem, beaucoup
ayant été des tsaddiqim et des géants
spirituels. Mais à présent, un grand nombre d’entre eux se sont mis à
adorer les idoles. Quand les Hébreux se sont trouvés devant la mer Rouge, les
anges se sont plaints auprès du Saint béni soit-Il : « Pourquoi la
mer devrait-elle se fendre pour eux ? Ils [les Egyptiens] adorent des
idoles et eux aussi adorent des idoles ! »
Quand
Hachem a ordonné à Moché de faire sortir d’Egypte les enfants d’Israël,
Il a utilisé quatre expressions différentes de « libération »,
correspondant à ces quatre malheurs qui les ont affligés. Il l’a chargé
d’annoncer à la nation, en Son nom (Chemoth
6, 6-7) :
« C’est pourquoi dis aux enfants d’Israël : Je [suis]
Hachem ! Je vous ferai sortir (wehotséti
– éúàöåäå) de dessous les
fardeaux de l’Egypte, Je vous délivrerai (wehitsalti
– éúìöäå) de leur servitude, Je vous sauverai (wegaalti – éúìàâå)
avec un bras étendu et avec de grands jugements. Je vous prendrai (welaqa‘hti–
éúç÷ìå) pour Moi comme peuple, Je serai votre Dieu. »
Hachem
a voulu sauver Son peuple sous tous ces aspects :
Wehotséti
–
« Je vous
ferai sortir de dessous les fardeaux de l’Egypte » – et vous
soulagerai de la pauvreté.
Wehitsalti
– « Je
vous délivrerai de leur servitude » – et des violences physiques.
Wegaalti –
« Je vous sauverai » – et vous affranchirai des insultes et de
l’avilissement.
Welaqa‘hti –
« Je vous prendrai pour Moi comme peuple » – et vous ferai renaître
spirituellement.
Pour
commémorer ces quatre miracles, les Sages ont décidé que nous devons boire
quatre coupes de vin pendant le Sédèr :
1.
Au Qiddouch, nous reconnaissons
Hachem « qui nous a choisis entre tous les peuples, nous a élevés entre
toutes les langues ». Cela correspond à notre « prise » (welaqa‘hti)
et à notre renaissance spirituelle.
2.
La deuxième coupe est bue après la récitation de la Haggada, qui relate notre libération de l’esclavage. Cela
correspond à notre affranchissement des insultes et de l’avilissement (wegaalti).
3.
Par la troisième coupe, que nous buvons après le
Birkath ha-Mazone, nous remercions Hachem de pourvoir à nos besoins. Cela
correspond au soulagement de la pauvreté (wehotséti).
4.
La quatrième coupe, qui accompagne le
Hallel – éloge et remerciements à Hachem – rend compte de notre
sauvetage des violences physiques (wehitsalti).




Quatre
coupes correspondant à quatre expressions
Le
Ma‘assei Nissim (Rav Ya‘aqov de Lissa – XIXe
siècle) relève le même enseignement midrachique (Chemoth Rabba 6, 4) selon lequel nos Sages nous ont prescrit de
boire au Sédèr quatre coupes de vin
en rappel des quatre expressions employées par Hachem pour annoncer notre
libération d’Egypte (voir aussi le Talmud
Yerouchalmi, Pessa‘him, dixième chapitre). Dans la Tora, Hachem utilise
quatre termes différents : wehotséti,
wehitsalti, wegaalti welaqa‘hti (éúç÷ìå
éúìàâå éúìöäå éúàöäå). Reste à expliquer pourquoi il
convient que nous nous réjouissions à propos de chacun d’eux.
Ces
quatre verbes soulignent le fait qu’à ce moment de l’histoire, notre peuple
a tiré profit de quatre interventions distinctes.
Wehotséti
– Nous avons été pris hors de l’Egypte.
Wehitsalti
– Nous avons été libérés de l’esclavage.
Wegaalti
–
Hachem nous a « acquis » comme Ses serviteurs (voir
Baba Metsia 47a, où le mot gueoula s’entend comme un qinyan
[« acquisition »].
Welaqa‘hti
– Hachem S’est fiancé avec le peuple juif (voir Qiddouchin 2a, où le mot laqa‘h
signifie « fiançailles » ou Qiddouchin.
Voir aussi Hoché‘a 2, 18,
où Israël appellera Hachem « son mari ». Voir encore Ketouvoth 71b.)
Pendant
le Sédèr, les quatre moments où
sont bues les coupes correspondent à chacune de ces significations :
Au
Qiddouch, nous parlons de Pessa‘h
comme étant « l’époque de notre libération ». Ainsi, la coupe
que nous y buvons correspond à wehitsalti
– la libération de l’esclavage.
La
deuxième coupe, qui correspond à notre délivrance d’Egypte, trouve sa place
après la narration de l’Exode et des miracles qui l’ont accompagné.
Celle
rappelant l’acquisition des enfants d’Israël par Hachem comme Ses
serviteurs – la troisième – a été instituée après le Birkath
ha-Mazone. Dans celui-ci, sont évoquées la circoncision – que nous
portons sur notre chair en signe de Son alliance avec nous ; la Torah –
lois et décrets auxquels le Roi soumet Ses sujets ; et Erets Yisrael – le pays qu’Il nous a donné.
Quant
à la quatrième et dernière coupe, sa place est dans la dernière partie de la
Haggada, qui parle de notre Délivrance
future, laquelle marquera nos « épousailles » avec Hachem, comme
l’explique Ibn Ezra dans son commentaire sur le Chir ha-Chirim.

La
nuit du Sédèr
On distribue aux enfants
des noix et des douceurs
|
|
ous
lisons dans la Guemara (Pessa‘him 108b) : « Les Rabbins ont enseigné :
“Nous sommes tous tenus [de boire les] quatre coupes – hommes, femmes et
enfants.” Rabbi Yehouda a objecté : “A quoi cela sert-il d’exiger
des enfants qu’ils absorbent du vin ? Donnons-leur plutôt, le soir de Pessa‘h,
des noix et des douceurs pour qu’ils ne s’endorment pas !” »
Comment
cette recommandation résout-elle l’objection de Rabbi Yehouda ? se
demande le Panim Yafoth, (Rav
Pin‘has Horowitz [1730-1805]).
Et
de rapporter l’explication suivante au nom de son père : Dès qu’un
garçon est assez âgé pour comprendre que les mitswoth
sont des injonctions de Hachem, le père est tenu de pourvoir à son ‘hinoukh,
c’est-à-dire de lui apprendre comment les accomplir. Cette obligation
concerne l’ensemble des commandements, à l’exception de la récitation du Chema’
du soir. Car chaque nuit, expliquent les Tossafoth
(Berakhoth 20a), quand vient le
moment de le réciter, les jeunes enfants sont déjà endormis.
La
question posée par Rabbi Yehouda est donc la suivante : « La mitswa
des quatre coupes au
Sédèr n’est-elle pas comme celle de prononcer le Chema’ le soir ? A quoi bon exiger des enfants qu’ils les
boivent, alors que, quand le moment sera venu de le faire, ils dormiront ? »
La
réponse à cette question est que, le soir de Pessa‘h, on distribue aux petits des noix et des douceurs afin
qu’ils restent éveillés pour le
Sédèr, qu’ils écoutent le récit de la sortie d’Egypte et des
miracles qui l’ont accompagnée. Ainsi, puisqu’ils seront éveillés, leurs
pères sont tenus de leur enseigner la mitswa des quatre coupes !
Le port d’un kittel
au Sédèr
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n
a l’habitude de porter un kittel
blanc pour le rituel de la nuit du Sédèr.
La couleur blanche est plus naturelle et la plus simple de toutes celles du
spectre, écrit le Maharal
(1525-1609). Elle ne se mélange pas aux autres, et est donc « seulement
elle-même ». Cela nous rappelle que la libération d’Egypte
commémorée par le Sédèr a été organisée et menée à son terme exclusivement par
le Ciel, unique et « seul » dans la Création, domaine « simple »
et séparé « au-dessus » du monde fini dans lequel nous vivons.
Le
blanc nous rappelle le Ciel, dont l’unité est totalement différente du monde
physique, car notre domaine « inférieur » est un domaine de
« combinaisons ». Toute création physique comporte une myriade d’éléments,
réunis entre eux par Hachem. Notre libération est venue de ce qui est « au-dessus »
de tout cela, de l’Unité la plus simple. Voilà pourquoi
le grand prêtre était vêtu de blanc quand il entrait dans le Saint
des Saints. Pendant le rituel du Sédèr,
nous devons avoir le Ciel à l’esprit. Nous portons donc du blanc, à
l’instar du kohen gadol
accomplissant son service à Yom Kippour.
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elon
le Choul‘han ‘Aroukh ha-Rav
(de Rav Chnéour Zalman de Liadi, le « Alter Rebbe » [1745–1812]),
on porte au Sédèr un kittel blanc, lequel est le vêtement des morts. On le revêt par
précaution, afin de garder à l’esprit la solennité et le sérieux du
moment, qui est un temps de joie, tout en marquant également l’occasion
de parler des principes de base de notre foi. Ainsi, l’évocation de la mort
est nécessaire pour empêcher la légèreté de s’immiscer dans le déroulement
de cette soirée.
La
raison pour laquelle on porte un kittel
le soir du Sédèr, explique le Netsiv
de Volozhin, n’est pas celle que l’on croit souvent, à savoir la nécessité
de préserver notre sobriété en nous rappelant que nous sommes mortels…
Ce
que nos Sages ont voulu, c’est que nous nous comportions cette nuit-là comme
à l’époque où l’on consommait le sacrifice pascal. Nous pouvons être
certains que lorsqu’ils mangeaient la viande des offrandes – provenant de la
« table » de Hachem – nos ancêtres ne portaient pas leurs vêtements
habituels. Ils mettaient un habit spécial fait de lin blanc, comme Yossef quand
il a été honoré par Pharaon (Beréchith
41, 42) : « [Pharaon] le fit habiller de vêtements de lin. »
Voilà
pourquoi nous portons un kittel blanc
le soir du Sédèr.
Nous
trouvons dans la Mekhilta, indique le Malbim
(Rav Méir Leibouch ben Ye‘hiel Mikhel [1809-1879]) dans son commentaire de la
Haggada, une allusion à la tradition de porter du blanc
au Sédèr. Le verset dit du
peuple hébreu en Egypte (Devarim 26, 5) qu’il « y fut une nation… »
Explication de la Mekhilta :
« Cela nous apprend que les enfants d’Israël étaient metsouyanim là-bas ». Autrement dit, ils étaient « distinguables »
des Egyptiens. Comment cela ?
La
même expression est utilisée pour décrire les Sages en Babylonie. La Guemara
nous apprend (Chabbath 145b)
qu’ils étaient metsouyanim,
c’est-à-dire habillés d’une manière différente qui les tenait à part.
Ils portaient des vêtements blancs, car selon la Guemara
(Nedarim 20b) : « les
Rabbanane sont appelés des maleakhei
ha-chareth », c’est-à-dire des anges de service. Or, de même que les maleakhim usent
de vêtements distinctifs, de même
les Rabbanane. Et comment sont les vêtements
des anges ? Selon de nombreux versets des Prophètes (par exemple Ye‘hezqel 9, 2 ;
Daniel 10, 5…), ces êtres
célestes sont levouchei badim (« habillés
de lin »), c’est-à-dire vêtus de blanc.
Cette
habitude, pendant le Sédèr, est donc
comme un rappel du concept de pureté.
Dans
son Lev ha-‘Ivri, Rav ‘Aqiva
Yossef Schlesinger, petit-fils du ‘Hatham
Sofèr, suggère une autre explication de l’usage du port d’un kittel blanc : La tradition nous apprend que la résurrection
des morts aura lieu à Pessa‘h.
C’est pourquoi, le Chabbath ‘hol
ha-mo‘èd Pessa‘h, nous lisons dans la Haftara
la prophétie de Ye‘hezqel sur cette résurrection (Tour et Choul‘han ‘Aroukh,
Ora‘h ‘Hayim 490). Pour ancrer
dans nos esprits cet événement que nous attendons, nous nous habillons de lin
blanc, le vêtement des morts, comme pour dire : « Nous sommes prêts
pour la résurrection ! »

La sainteté de la nuit du
Sédèr
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|
a Halakha énonce que si l’on exécute un acte constitutif d’une mitswa,
on est crédité de son observance même si le geste a été réalisé sans
intention explicite d’accomplir ce commandement en tant que tel. Fait
exception à cette règle la récitation du
chema’ matin et soir. Pour elle, il faut avoir l’intention explicite
d’accomplir la mitswa. Le chema’
pouvant être lu comme n’importe quelle autre partie de la Tora, le simple
fait de le prononcer ne signifie pas automatiquement qu’on entend
s’acquitter de la mitswa de sa récitation.
Selon le Maharal (Guevouroth Hachem), les mitswoth
de Pessa‘h et de la nuit du
Sédèr ressemblent à celle de la récitation du
chema’. Il ne suffit pas d’effectuer simplement les actes que la Tora et
les Sages nous ont prescrits, mais nous devons avoir l’intention explicite de
les accomplir en tant que mitswoth,
qu’elles soient mine ha-Tora ou midé-Rabbanane (« prescrites par la Tora ou par les Rabbins »).
Il
en est ainsi, explique le Maharal,
parce que le but de ces mitswoth est
d’implanter en nos cœurs une foi solide dans les principes de base de la
religion juive. Nous devons à l’époque de Pessa‘h
nous imprégner de ses « bases » et les prendre en compte pour les
transmettre à nos enfants : A savoir que Hachem a créé le monde, Il le
soutient et le scrute, et Il S’implique intimement à chaque instant dans tout
ce qui s’y produit. Il a donné à notre peuple Sa Tora, que nous devons
observer dans tous ses moindres détails. Celui qui, à Pessa‘h, fait ce qui est exigé de lui, mais machinalement, sans
se demander pourquoi il l’accomplit et sans prendre à cœur la signification
de ces gestes, ne s’est pas acquitté de ses obligations.
Voilà
pourquoi l’une des parties les plus importantes du Sédèr consiste dans la récitation des « Quatre questions ».
Il y est demandé à haute voix quelles sont les raisons des changements spécifiques
à cette soirée. Celui qui demande et celui qui répond doivent ainsi penser
l’un comme l’autre à ce qui est en train d’être fait. En conséquence,
quand vient le moment d’effectuer un des actes prescrits, chacun l’exécutera
avec l’intention appropriée, comme accomplissement d’une mitswa.
« La
sainteté de cette nuit et de toutes ses mitswoth
est très grande, écrit le
Chelah (Rav Yecha’ya ha-Léwi Horowitz [1565-1630]), car elle correspond
au moment où le Saint béni soit-Il nous a choisis parmi tous les autres
peuples et nous a sanctifiés par Ses commandements.
Il
incombe donc de ne pas y parler de sujets qui ne relèvent pas de la Tora et des
mitswoth (si‘hath ‘houlin). Il faut aussi en avertir les membres de sa
famille, dont chacun devra suivre mot après mot le déroulement du
Sédèr tout en appliquant sa pensée au Saint béni soit-Il. Notre seule préoccupation
doit être l’accomplissement des mitswoth
liées à cette nuit et le récit des miracles en Egypte. »
« Un
Juif doit toujours faire en sorte, écrit le ‘Hida
(Rav ‘Hayim Yossef David Azoulay [1724-1806]), que ses actions soient
compatibles avec la Halakha, tout
particulièrement le soir du Sédèr.
Quoi que l’on fasse, il faut s’efforcer d’agir d’une manière acceptable
selon toutes les opinions. Evitons les formes de conduite fondées sur les avis
plus indulgents (qouloth), surtout
pendant la sainte nuit du
Sédèr ! »
Le
Gaon de Vilna (1720-1797) trouve une
allusion à la sainteté particulière de cette nuit dans la première des
quatre questions, où l’on demande : äæä
äìéìä äðúùð äî (Ma
nichtana halaïla hazé).
Le
mot yom, qui signifie le « jour »,
est du genre masculin. En revanche, le terme laïla
(« nuit ») est féminin. Le moment pour l’accomplissement de
presque toutes les mitswoth de la Tora est le jour, pas la nuit, de même que les
femmes sont d’habitude exemptées des commandements et que seuls les hommes y
sont assujettis.
Mais
en ce qui concerne les mitswoth du
Sédèr, elles s’appliquent à la nuit, et non au jour. La nuit devient
donc soudain comme le jour. Nous nous en apercevons dans la première des quatre
questions, où la nuit du
Sédèr n’est pas appelée halaïla
hazoth – au féminin – mais halaïla
hazé, au masculin. Qui plus est, le premier mot de la question est äî
(ma), dont la guematria (« valeur
numérique ») des lettres qui le composent est 45, équivalant à celle de
אדם
(adam) ou « homme ». Le
mot äî (ma)
signifie « quoi », de sorte que la Haggada
demande : « Quelle différence cela fait-il que cette nuit, laïla (qui est du genre féminin), soit appelée hazé (au masculin) comme si elle était אדם
(45, soit un “homme”), et que l’on doive y accomplir des mitswoth,
plus qu’en toute autre nuit ? »
Le
deuxième mot de la question – äðúùð
(nichtana) – signifie littéralement :
« est rendue différente ». Ce mot est au féminin. Pourquoi la nuit
« féminine » passe-t-elle soudain au masculin [halaïla hazé] et est-elle remplie de mitswoth ?
La
nuit correspond à חוה
(‘Hawa/Eve), la première femme, à
laquelle on trouve une allusion dans un verset des Tehilim
(19, 2), où le mot « nuit » apparaît à côté de יחוה
(ye‘hawé). Ainsi, le mot « jour »,
qui est du genre masculin, se rapporte au premier homme אדם
(Adam) et aux « hommes »
en général, ceux qui ont des mitswoth.
La « nuit », qui est du genre féminin, correspond à ‘Hawa et aux
« femmes », le genre plus « dissimulé » et
« caché », qui est d’habitude exempté des commandements, de
sorte que la nuit est rarement un temps où l’on doit en observer. Pourquoi
cette nuit est-elle différente et est-elle devenue
quelque chose de « masculin », foisonnant de mitswoth ?
La Haggada
expliquera un peu plus tard que, quand Pessa‘h
est venu et que les enfants posent les questions à son sujet, leurs pères
doivent montrer la matsa et le
maror, selon l’injonction de la Tora (Chemoth
13, 8) : « c’est pour cela ». Cette réponse ne peut
être donnée que la nuit, lors du Sédèr, puisqu’il est spécifié par ailleurs (Ibid. 12, 18) : « La nuit vous mangerez des matsoth. »
Néanmoins, le verset cité plus haut (13, 8) désigne ce moment comme ביום ההוא : « ce jour-là ».
Ainsi, cette nuit est différente parce que la Tora atteste qu’elle l’est !
La nuit du Sédèr n’est pas comme
les autres nuits, qui sont « féminines » et « manquent de mitswoth ».
Elle est investie d’une sainteté spéciale
qui la change complètement, de sorte que la Tora l’appelle le « jour ».
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endant
la nuit de Pessa‘h, écrit Rabbi
‘Aqiva Eiger, on doit se conduire dans la
sainteté et la crainte du Ciel. Il faut en même temps se réjouir de ce
que le Saint béni soit-Il nous a donné l’occasion d’accomplir en cette
nuit-là de nombreuses mitswoth,
notamment celles du
Qiddouch, de manger de la matsa et
du maror, de parler de la sortie d’Egypte,
de boire les quatre coupes et d’entonner le Hallel. Attention aussi à consommer un kazayith (« volume d’une olive ») généreux
de matsa et de maror.
En effet, si on en mange moins, même à peine, on perd le bénéfice de la mitswa !
Quiconque
est doué de réflexion et croit en la Tora de Hachem doit être extrêmement
soucieux de ne rien perdre de ces deux grandes mitswoth. Il ne pourra les observer à nouveau qu’un an plus tard !
Or, qui peut être certain de vivre jusque-là ?
Il
suffit qu’à cause de nos péchés nous ne soyons pas suffisamment attentifs
aux commandements quotidiens comme les
tefilines et le Birkath ha-Mazone.
Pourquoi marquer la même désinvolture pour ces mitswoth ?
Notre
obligation de manger le maror peut,
certes, poser quelques difficultés. Mais nous acceptons chaque jour de servir
Hachem de toute notre âme. Pourquoi alors être embarrassé par un si petit
sacrifice ?
Je
vous assure solennellement que lorsqu’un Juif mange le maror dans la joie et l’enthousiasme, afin d’accomplir le
commandement de son Créateur, il n’y trouvera quasiment aucune amertume.
J’éprouve
une grande inquiétude pour ceux qui sont négligents dans la mitswa
des quatre coupes et qui prennent l’habitude de ne boire qu’un quart de leur
verre. Quel dommage ! Comment peuvent-ils ignorer des mitswoth,
aussi effrontément, sans une excuse légitime et sans souci des conséquences ?
Leur frivolité témoigne, à mon avis, d’un profond manque de crainte du
Ciel, qu’Il nous en préserve ! Leur punition leur sera insoutenable. »
Rappelons
les paroles du ‘Hida : « Comme
elle est belle et plaisante l’habitude de ceux qui craignent Hachem !
Du Qiddouch jusqu’à la fin du
Hallel, ils n’émettent pas une parole de
si‘hath ‘houlin (« conversation profane »), car la nuit entière
est consacrée à la proclamation de l’Unité de Hachem, ce qui rend
impossible toute interruption ! »
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Adaptation française : Jacques KOHN. |
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